Par Salles, M.
La première partie vise à “situer” l’I.E. et ce que l’on peut entendre par “ingénierie de méthode” pour les S.I.E.
La deuxième partie examine alors ce à quoi correspond la “manière de penser” les méthodes de conception de systèmes d’information, en s’appuyant, notamment, sur l’analyse systémique et les approches cognitives des organisations.
La troisième partie traite successivement des manière de modéliser, organiser et aider, c’est-à-dire résoudre les difficultés liées à la mise en oeuvre de ces méthodes.
La conclusion, enfin, souligne la nécessité d’un travail multidisciplinaire indispensable à la production d’un référentiel constituant un enjeu de première importance dans la perspective d’une économie fondée sur la connaissance et le fonctionnement coopératif.
Préambule de l’article:
Les dernières années ont vu les définitions de l’I.E. se multiplier en évoluant assez sensiblement, passant de définitions quasi exclusivement centrées sur la description des process et techniques de l’I.E., à des définitions incluant les objectifs stratégiques de l’I.E., pour faire place depuis peu à des définitions incluant les notions de gestion des connaissances, d’apprentissage collectif ou de coopération.
La majorité des communications et textes explicitement dédiés à L’Intelligence Economique sont, encore aujourd’hui, produits par des praticiens (experts de sociétés de conseil, chargés d’I.E. dans des organismes publics ou consulaires, responsables d’entreprise, etc.). Ces contributions sont donc le plus souvent, très naturellement, centrées sur des relations d’expériences terrain, des conseils pratiques de mise en oeuvre de l’I.E., des comparatifs d’outils, des propositions de démarche, etc. Certaines dimensions de l’I.E. y sont soit ignorées, soit traitées à un niveau de généralité élevé, souvent à l’aide de notions mal définies, en grandes parties laissées dans l’implicite (par exemple, qu’est-ce qu’une innovation, ou comment mesure-t-on la proactivité d’une entreprise, ou encore comment définit-on l’environnement d’une entreprise ou d’une organisation ?). La recherche se réclamant explicitement du domaine de L’Intelligence Economique s’est quant à elle, en France, longtemps et presque exclusivement intéressée aux outils bibliométriques, pour récemment s’ouvrir, grâce notamment à la présente revue, à des thèmes plus amont comme la coordination, l’articulation de l’I.E. avec les dynamiques territoriales, ou l’organisation des dispositifs d’I.E.
Quatre questions nous semblent cependant aujourd’hui traverser, de façon plus ou moins explicite, les différents points de vue exprimés sur l’Intelligence Economique :
1. à quel niveau d’abstraction/opérationalité la notion d’I.E. est-elle (principalement) située : culture d’entreprise, aptitude de l’entreprise ou plus largement de l’organisation, dispositif organisationnel, système d’information, système de production de produits d’information, ensemble d’outils et de techniques, etc. ?
2. quelle est l’intentionnalité de l’acteur qui s’exprime : constat/descriptif d’un état, évaluation et analyse par rapport à un état cible souhaité (le plus souvent implicite), proposition de modes d’action, élaboration de référentiels ou de normes, etc. ?
3. quelles organisations l’I.E. concerne-t-elle : entreprises et/ou Etat central et/ou collectivités territoriales et/ou acteurs collectifs, etc. ; et parmi celles-ci, convient-il ou non de distinguer ces organisations selon un jeu de critères “classiques” (taille, domaine d’activité, localisation géographique, etc.) ou ad hoc ?
4. l’I.E. est-elle le simple prolongement de pratiques existantes (analyse stratégique, veille stratégique, TQM, benchmarking, etc.) ou, à l’opposé, une perspective entièrement nouvelle (et dans ce cas, comment expliquer qu’elle apparaisse précisément aujourd’hui) ?